Noémie Mémoli

Noémie Mémoli

aka le salsifi

Noemie semble un peu énervéeChez les salsifis, on n’est pas vraiment bavard. Et puis dans les familles salsifis, on ne dit pas trop ses émotions. De surcroit, nous sommes des salsifis normands. Les salsifis normands ont été importés par les vikings, il y a très très longtemps. Ils ont gardé d’eux la fierté, le fait d’être peu expansifs et très têtus.

Voici donc l’histoire de ma famille salsifis. Ne croyez pas ce que vous allez lire, car dans ce qui suit, rien n’est vrai et tout est inventé.

Avant moi, il y avait mes parents.

Avant mes parents il y avait mes grands-parents.

Avant mes grands-parents, il y avait mes arrières grand parents.

Eux c’étaient des paysans, du côté de la Normandie.

On raconte que certains sont morts à la guerre de 14, que d’autres écoutaient radio-Londres clandestinement pendant la guerre de 35, mais qu’il ne fallait pas en parler.

On raconte qu’un jour, on allait cueillir les haricots, et que quelqu’un les avait volés pendant la nuit. C’était très triste.

On raconte qu’a Noël, on offrait des oranges et que c’était très joyeux.

Génération après génération, ils étaient là, dans ces coins de France.

Et puis il y a eu les grands parents, et eux ils ont fait un genre d’exil. Pour le travail, pour la vie parisienne, parce que c’était comme ça à cette époque. 2 couples de grands parents débarquant dans la banlieue parisienne.

Et puis il y eu mon père, et ma mère. A 17 ans, ma mère a écouté une émission de radio sur la spéléologie. Ça devait parler des grottes, des formations rocheuses, des mystères sous la terre. Elle s’est alors inscrite à un club de spéléologie. C’est mon père qui l’a accueilli. Il l’a pris sous son aile. Quand ils ont arrêté la spéléo, avec leurs amis, ils ont continué à partager une passion, les voyages. Et quand je suis née, j’ai vite rejoins la troupe, au Sénégal, en Corse, dans les Iles Grenadines…

La première étape vers l’improvisation, est peut-être l’appétence de la découverte, de l’inconnu, du plaisir de la rencontre.

Et puis, il y a moi, enfant de la banlieue parisienne, scolarisée dans le public et les associations municipales. Dix ans de théâtre Tom Pouce avec Michel André DRODE, de 5 à 15 ans, des spectacles dignes de professionnels, avec costumière, maquilleuse, décors somptueux et musique. Parce que dans ma ville, la vie associative est très importante, rapport aux élections voyez-vous. Avec cette troupe de théâtre, nous allions voir les spectacles d’impro de la LUDO, des adultes. Cela nous était présenté comme un exemple de spontanéité, d’adaptation, tout en intégrant les codes du jeu théâtral : voix, placement, engagement corporel.

Voilà comment, moi, issue d’une famille de Normands, j’ai découvert l’expression des émotions, la spontanéité, l’écoute…

Alors après, j’ai fait de l’impro, à Paris à la LUDI et puis à Marseille, chez les copains de la L.I.Pho. Il m’a fallu 5 ans, je crois, pour être suffisamment à l’aise. Maintenant ça y est, j’ai envie ! J’ai envie de jouer, j’ai envie d’essayer, j’ai envie de rencontrer l’autre, le temps d’un spectacle. Il y a dans l’impro la recherche de l’histoire parfaite, belle, qui embarque le public dans un univers passionnant. L’impro parfaite ! C’est comme une drogue, qui te pousse à la rigueur, qui te ramène sur scène, soir après soir.

Petit avatar de Noemie - comedienne improvisatrice pickles

Ça leur paraitrait bizarre à ceux d’avant, dans ma famille de Normands, de voir l’un des leurs sur une petite scène de quartier, raconter des histoires de salsifis avec des copains cornichon, carotte et brocoli, devant des regards étonnés. Il y a surement un peu de chacun d’entre eux, dans chaque récit, dans chaque personnage. Le public y voit peut-être lui aussi quelques figures connues de maintenant ou d’avant, entre tendresse et amusement.